En 1709, un terrible hiver s'abat sur le vignoble. La température descend même jusqu'à -20°C. Les barriques explosent, l'océan gèle le long des côtes. Comme pour remercier son pays d'accueil, le cépage melon résiste courageusement, offrant un vin au caractère affirmé : le Muscadet.
La Révolution française a des effets dévastateurs sur le vignoble ligérien, surtout autour d'Angers et de Nantes, théâtres des guerres de Vendée. La région acquiert alors un retard que la révolution industrielle va amplifier. A cette évolution de la société répond en effet une demande croissante de vins courants, liée à l'augmentation de la population ouvrière parisienne. Or le développement de nouveaux moyens de transport, comme le chemin de fer, oblige les vignobles ligériens à faire face à la concurrence des vins du Midi. Les vins de Loire, eux, continuent leur course à la qualité. Mais cet élan sera stoppé net, vers la fin du XIXème siècle, par le phylloxéra. Ce puceron venu d'Amérique s'attaque aux racines des ceps, détruisant une grande partie des vignobles.