C’est à l’occasion de la 16ème édition des Journées Nationales du Livre et du Vin à Saumur, que le Président du Conseil Institutionnel s’est exprimé sur son goût pour les vins de Loire. Il présentait son livre « En tête à tête avec Charles de Gaulle » (dessins Philippe Lorin, éditions Gründ).
Vous êtes très lié à cette région ?
Je n’y ai que des attaches puisque tous mes souvenirs d’enfance se situent entre Nantes, Saumur, Tours et Amboise.
Mon grand-père, le Professeur Robert Debré, a longtemps loué la maison de Jules Ferry à Parnay. C’est là qu’il a rencontré Clémenceau. Au moment de la guerre, mon père, Michel Debré, était Commissaire de la République à Angers et il a accueilli le Général de Gaulle. Chaque année en juin, nous allions voir le Carrousel à Saumur. Mon père, qui avait une maison à Montlouis-sur-Loire, a été sénateur d’Indre-et-Loire et maire d’Amboise. Mon oncle Olivier Debré a décoré une petite chapelle de Chinon de ses vitraux. C’est ma région. J’ai été élevé grâce aux vins de Loire !
Un vrai fan !
Le vin d’Amboise n’a–t-il pas comme slogan « les rois de France l’ont aimé ». Les vins de Bourgueil et de Chinon, la phrase de Rabelais « Buvez toujours, vous ne mourrez jamais ».
Qu’appréciez-vous particulièrement ?
J’aime la lumière de la Loire, qui change sans cesse. J’aime cette alliance entre le bleu de l’eau, le jaune du sable, le vert des arbres, le bleu du ciel. Quand mon père était ministre de la Justice en 1958, il a mis fin à ce que l’Abbaye de Fontevraud soit une prison. A Angers, la place devant la Préfecture s’appelle Michel Debré. Je l’ai inaugurée. C’est une région que je connais bien !
Quels sont vos vins préférés ?
J’ai une passion particulière pour le Saint-Nicolas-de-Bourgueil, l’Anjou rouge et le Chinon. Au Conseil Constitutionnel, quand je reçois des étrangers, je sers de préfèrence pour le rouge l’un de ces 3 vins. Derrière le menu, je mets toujours l’historique du vin et du plat. Ca m’amuse beaucoup et les étrangers adorent ! D’ailleurs, quand je leur propose de leur offrir un livre sur Paris ou un magnum... ils me répondent, à l’unanimité "le vin, si vous voulez que je revienne... !"
Etes vous blanc aussi ?
Dans les liquoreux, le Montlouis-sur-Loire, le Vouvray. A la maison quand j’étais enfant il n’y avait que ces vins là. Je me souviens aussi de déjeuners interminables avec mon grand-père maternel aux Rosiers chez Augereau où nous nous régalions de son brochet beurre blanc, avec du Muscadet sur Lie. Encore un joli souvenir !
Propos recueillis par Frédérique de Granvilliers